Niveaux de puissance chez les pros lors d’un grand Tour

Dernièrement Dajo Sanders (Head Coach du Team Dimension Data) et Mathieu Heijboer (Entraîneur Lotto-Jumbo) ont publié un article sur les exigences physiques et profil de puissance en fonction des différentes étapes sur les grands Tours.
Les grands tours sont composés de plusieurs types d’étapes: plat, vallonné, montagneux et le contre-la-montre. Ils se sont donc demandés si la difficulté de l’étape (sur le papier) était visible sur la charge et la puissance.

Pour cette étude, ils ont collecté les données (puissance; fréquence cardiaque; RPE; distance; durée et la charge) de 9 coureurs. Parmi eux, il y avait : 7 équipiers, 1 sprinteur et un leader pour le classement général. Le Giro 2016 a servi de support pour cette analyse.


Les étapes ont été classifiées de la manière suivante :

  • Plat (FLAT): moins de 13kms de montée en tout, au maxi 2200m de dénivelé, mais pas d’arrivée au sommet.
  • Vallonnée (SMT) : 13 à 35kms de montée, au moins 2200m de dénivelé ou moins si la fin de l’étape comprend plusieurs côtes.
  • Montagneuse (MT) : au moins 35kms de montée, 3000m de dénivelé, ou moins si l’étape finit par une montée de plus de 10kms.
  • Contre-la-montre (TT): épreuve individuelle

Chaque coureur était donc équipé d’un capteur de puissance Pioneer. Au total, les deux coachs ont analysé 165 fichiers. Parmi ces fichiers, certains ont été exclus pour différentes raisons: coureur malade, bug d’enregistrement …

Données Giro (Sanders 2018)

On peut donc voir que :

  • les étapes de plat sont les plus courtes en durée.
  • les étapes de montagne sont les plus longues en durée tout en étant les plus courtes en distance.

Au niveau de la puissance, on remarque que PO FLAT < PO SMT < PO MT. De ce fait, plus l’étape est vallonnée et plus les cyclistes sont obligés de produire un certain niveau de puissance. La charge (TSS) suit aussi cette logique du fait que les TSS se basent sur la puissance normalisée. Les athlètes ressentent aussi l’augmentation de la difficulté (RPE) : 5,8 < 6,5 < 7,8.

Le contre-la-montre est l’épreuve où les cyclistes ont développée la puissance moyenne la plus haute (371W).

Ci-dessous, nous pouvons voir que la répartition des efforts lors des 4 types d’étapes. Le tableau A prend en compte la fréquence cardiaque et le tableau B la puissance.

Répartition Puissance Giro (Sanders 2018)

 

Petite précision sur les zones :

  • Zone 1: intensité faible
  • Zone 2: intensité modérée
  • Zone 3: intensité élevée

En conclusion, on peut donc voir que le profil de l’étape va influencer différents paramètres. Les niveaux de puissance vont varier en fonction du parcours. Ces données permettent aux entraîneurs de mieux comprendre un grand tour et de réfléchir sur la préparation à adopter. En effet, un des points importants est la succession d’étapes avec un temps limité de récupération (2 jours de repos sur 3 semaines; plus tous les transferts entre départ et arrivée …).

 

Publication originale : « Physical demands and power profile of different stage types within a cycling grand tour. » : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/30589390

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