Le seuil

Seconde métrique très couramment utilisée dans le monde de l’entraînement et de la performance après la VO2max, le seuil revient souvent dans les discussions. Ce dernier a plusieurs dénominations : seuil anaérobie, seuil ventilatoire, seuil lactique, ….

Un peu d’histoire …

Cela fait des dizaines d’années que des scientifiques cherchent à évaluer le profil métabolique des athlètes. Le concept des seuils est loin d’être nouveau et dès les années 1930 on voit l’apparition d’une première limite dans l’effort : le point d’Owles : en dessous cette intensité l’effort est « illimité », et au-dessus de celui-ci l’acide lactique va s’accumuler ce qui provoquera une forte fatigue musculaire et donc une fin de l’effort.

Dans les années 1960, des premières études scientifiques sont publiés sur l’analyse des échanges gazeux pour déterminer le seuil. En effet, Wasserman1 publie en 1964 un article expliquant qu’il est possible de déterminer le seuil anaérobie à partir des échanges gazeux. Ainsi, via uniquement les échanges gazeux est né le « seuil anaérobie », sous ce seuil l’acide lactique entre très peu en jeu, en revanche au-dessus une série de processus se mette en place et amène une fatigue musculaire très importante.

Analyse des échanges gazeux pour déterminer le seuil anaérobie (Wasserman & McIlroy, 1964)

On a donc pendant très longtemps parler de seuil aérobie et seuil anaérobie. Mais avec les différentes avancées du monde scientifique2 & 3 , les scientifiques maitrisent mieux la physiologie du corps humain. Aujourd’hui on peut clairement dire que l’acide lactique n’existe pas, et que l’ensemble des concepts qui y sont associés sont caduc…

En réalité, ils existent autant de « seuils » que des tests : MLSS, FTP, Puissance Critique, seuil anaérobie, …

Représentation des « seuils » en fonction des différents domaines d’intensité. (Poole & al., 2012, 2016)

Le lactate pour déterminer le seuil ?


Le lactate semble être la référence actuelle pour déterminer 2 seuils. La lactatémie (le taux de lactate dans le sang) est donc utilisée et deux seuils sont déterminés LT1 et LT2 :

  • LT1 : 2mmol : on appelle cette frontière SEUIL LACTATE : à cette quantité de lactate sanguin est à l’équilibre entre production et combustion.
  • LT2 : 4mmol : l’état d’équilibre est franchi. Le corps produit plus de lactate que ses capacités de clairance.

Les lactates sont issus de la dégradation des glucides par la glycolyse. Que l’athlète soit en plein effort ou au repos, il y a production de lactates, seule la quantité varie.

Comment sont produits les lactates ?
A l’effort, le glycogène et le glucose vont être transformés en pyruvates. Le pyruvate va ensuite avoir deux « possibilités » :

  • Soit il va dans une mitochondrie pour être transformé en ATP
  • Soit il va être transformé en lactate via une enzyme (LDH)

Ainsi via ces deux seuils il est possible de comprendre comment l’organisme fonctionne.

Plus le seuil 2mmol est haut plus l’oxydation des graisses est importante (très important chez le cycliste). Pour le second seuil 4mmol, plus celui-ci est haut, plus le cycliste « envoie » les watts avec la glycolyse au maximum.

Au-delà de 4mmol, le corps humain produit beaucoup trop de lactates par rapport à ses capacités de clairance.

Le lactate est un métabolite sanguin qui reflète l’intensité de l’effort, contrairement aux métriques PMA et FTP qui permettent d’estimer des valeurs à partir d’efforts réalisés sur le terrain (test 5 minutes et test 20 minutes). Le lactate est donc un déterminant de la performance pour les sports d’endurance.

Pour approfondir le sujet des lactates : https://mf-sports.fr/lactate-ami-ou-ennemi-de-la-performance/

BIBLIOGRAPHIE :

1.        Wasserman K, McIlroy MB. Detecting the threshold of anaerobic metabolism in cardiac patients during exercise. Am J Cardiol. 1964;14(6):844-852. doi:10.1016/0002-9149(64)90012-8

2.        Brooks GA, Arevalo JA, Osmond AD, Leija RG, Curl CC, Tovar AP. Lactate in contemporary biology: a phoenix risen. J Physiol. 2021;(March):0-23. doi:10.1113/JP280955

3.        Brooks GA. The “Anaerobic Threshold” Concept Is Not Valid in Physiology and Medicine. Med Sci Sports Exerc. 2021;53(5):1093-1096. doi:10.1249/MSS.0000000000002549

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