L’Alsacienne Cyclosportive: Compte rendu

En pleine semaine de canicule, l’Alsacienne Cyclosportive s’annonçait belle mais difficile. Les organisateurs ont d’ailleurs préféré annuler le grand parcours, question de sécurité oblige. Après un réveil matinal à 5h, c’était donc sous un beau soleil et déjà 20 °C qu’environ 2000 cyclistes se sont élancés sur les 2 parcours du jour : 90 km (2400 D+) et 125 km (3700 D+). J’ai choisi cette année encore une fois le petit parcours, avec pour objectif de faire au moins aussi bien que l’an passé (2ème au scratch). En arrivant même 30min avant le départ prévu à 7h30, le SAS est déjà plein, je me faufile donc tant bien que mal dans les 200 premiers. Le départ est lancé, et évidemment vu ma place, je sais déjà qu’il me faudra faire un gros effort pour remonter en tête de course…

Parcours 90 km

A 7h30 tout rond, le départ est donné et les favoris du « grand » parcours attaquent d’entrée dans le col du Grand Ballon (20km à 5%). Il s’est écoulé près d’une minute entre le moment où ils sont partis et le moment où je passe la ligne de départ, dans les « bouchons ». Je décide alors de remonter sur le peloton principal, au prix d’un effort couteux, à froid: 10min entre 5,5 et 5,7 W/kg (presque 400W). Une fois revenu sur le groupe principal (20 environ), le rythme baisse ce qui me permet de souffler et de récupérer un peu autour des 4,5W/kg (315W) durant 10min. Je réalise alors un CP20 à 350W sur les 20 premières minutes de course, les sensations sont excellentes.

L’écrémage s’est fait naturellement sur le reste du Grand Ballon pour ne basculer en haut qu’à une bonne dizaine d’unités (sans compter les 5 de devant du grand parcours, intouchables). Le Grand Ballon est monté moins rapidement que l’an passé, la chaleur et le vent de face sur le haut expliquent en partie cela. Mais tout de même 310W (4,5W/kg) sur presque 1h d’ascension.

Une fois en haut, je m’aperçois rapidement que je suis le seul rescapé du petit parcours. La bifurcation des parcours se fait dans moins de 10km, je m’attends alors à finir le reste de la course seul devant… Mais heureusement (ou malheureusement selon le résultat), Olivier Guth a décidé de bifurquer avec moi, nous sommes donc seuls en tête au Markstein (km 30) avant d’entamer la longue descente permettant d’atteindre le Col du Bramont et la route des Américains. Nous décidons alors de nous relayer et de gérer une avance plus que confortable sur un homme seul derrière, à plusieurs minutes.

Nous entamons alors l’ultime long col de la matinée, le col du Bramont et la route des Américains (13km à 5%, en 2 parties). Olivier G. imprime un tempo assez soutenu à environ 300W sur les 40min d’ascension, je commence à souffrir et à payer mes efforts du début de course. La chaleur me déshydrate et suis à la rupture dans la route des Américains (4km à 8%), les bidons sont presque vides et les crampes font déjà leurs apparitions… Olivier G. a gentiment fait toute la montée en tête, ne voulant pas me lâcher et finir tout seul la longue portion pour rejoindre le GB.

Nous basculons en haut sur la route des crêtes au premier intermédiaire (km 57) avec toujours de l’avance (+5min) sur nos concurrents, et je sais à ce moment de la course que le podium est assuré. Ayant fait un gros départ pour boucher le trou (1min), et le chrono démarrant en passant sous l’arche de départ, j’ai en réalité 1min10 d’avance sur Olivier G. à ce moment de la course ! Il me « suffit » donc de rester avec lui, ou d’être au maximum à 1min de lui pour l’emporter… Mais sur la route des crêtes (10km, 37km/h), dans chaque faux plat les crampes arrivent, je lâche une première fois avant de revenir mais je sais que, n’ayant plus d’eau, il sera difficile de rester avec lui jusqu’au bout. Une fois au Markstein (km 65) je décide de m’arrêter au ravitaillement, et donc de le laisser filer vers la victoire, méritée.

C’est là que la galère commence, il me reste plus de 20km à couvrir avec 500ml d’eau, des crampes et un écart à gérer pour finir 2ème. J’arrive tant bien que mal au pied de la dernière montée du jour, le Molkenrain (1,5km à 12%), que je monte au ralenti, pris par des crampes douloureuses qui ne me permettent même pas de m’asseoir sur la selle… Les 2 bidons du jour n’auront clairement pas suffit. Ces crampes qui ont d’ailleurs causé une lésion tendineuse au niveau de l’insertion de l’ischio..

En définitive, je termine donc 2ème au scratch sur 641 classés, et vainqueur de ma catégorie d’âge 18/29. Le bilan est très satisfaisant au vue de la chaleur du jour et des crampes. Un petit regret au niveau du manque d’eau, d’autant plus que les jambes étaient excellentes sur la première moitié de la course. Place au repos quelques jours pour soigner la blessure et repartir vers les prochains objectifs: les grimpées Alsaciennes le 13 &14 Juillet et le Tour de Tarentaise début Août !

Activité Strava

Cet article a 1 commentaire

  1. Bravo Simon, belle course et retex instructif! La victoire n’est vraiment pas loin

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